Berlin marathon, an II

Il fallait y retourner pour assister à une nouvelle tentative de record du monde; la météo n’ayant pas aidé les meilleurs marathoniens au monde lors de l’édition 2017. Modestement, j’y avais battu notre record du monde tandis que Michele voulait prendre sa revanche et pulvériser son propre record. Mais cette fois, hors de question d’aller voir les teutons sans Jérôme. Les inscriptions validées par tirage au sort pour moi et deuxième tour caritatif pour les autres, nous voilà reparti pour une nouvelle aventure berlinoise. Welcome!

sportograf-137576601

2018 est une année de transition pour moi. J’ai consacré le premier semestre à la réhabilitation de mes tendons d’Achilles et à revenir dans la course (à pied). Tout allait bien, jusqu’à ce que le genou se réveille; il ne s’agissait finalement pas d’un problème articulaire mais musculaire avec les ischios qui tiraient. Bref, j’ai peu couru avant le marathon, 70km en août, la plus longue sortie était de 23km 7 jours avant le marathon… yep! Ceci étant, mon niveau de fitness était bon, avec toute la natation et le vélo que j’ai enchaîné cet été.

Aucune ambition pour moi donc, si ce n’est de finir et de jauger mon niveau sur la distance depuis le marathon de Valencia. Jérôme chasse le record du monde et Michele son sub4.

Le marathon est bien plus que le simple fait de courir, beaucoup d’autres paramètres entrent en jeu. Si je n’ai pas la distance dans les jambes ni une quelconque influence sur la météo, je peux faire en sorte de maîtriser parfaitement tous les autres paramètres: sommeil, récupération, nutrition, hydratation, équipement et ténacité mentale. Je suis finalement bien prêt; je sais que ça va tirer dans les jambes!

IMG_8399.jpg

Pour Michele, c’est un peu différent; elle s’est rajouté du stress en loupant notre avion 🤦‍♂️, arrivant plus tard dans la nuit. Nous passons le lendemain à l’expo, regardant le kid-marathon autour de l’un des anciens aéroports locaux, mangeant des pâtes, visitant un peu, levant les pieds pour faire circuler le sang puis mangeant des pâtes, encore!

La nuit fût agitée pour Michele, tranquille et paisible pour moi. Un peu de yoga pour dynamiser le corps au réveil, petit-déj et direction le départ. On retrouve Jérôme et nous devons déjà nous séparer, les athlètes étant dans des blocks différents. On se prépare tranquillement avec Jérôme et nous séparons en arrivant dans la zone de départ; je suis dans le block avant le sien. Le temps de faire les lacets, un clapping et d’écouter plusieurs fois la même musique de départ; me voilà lancé à la poursuite de Kipchoge…

img_8393

N’ayant pas de certitude sur ma vitesse marathon, j’ai décidé de ne pas regarder mon pace et de seulement contrôler les temps de passage tous les 5km. Je cours plus aux sensations corporelles qu’autre chose. Je suis bien, je me laisse porter par la foule des marathoniens en devenir durant les premiers kilomètres. Il fait un peu chaud, mais pas trop, je suis bien. Je suis la ligne bleue et profite de pouvoir enfin courir sans douleur. Ça faisait longtemps. Les 5 et 10 premiers kilomètres passent vite; en tout cas dans la tête. Je suis légèrement en retard sur mon temps de l’année dernière. Bon signe, je suis plutôt sur un bon tempo, d’autant que je ne sens pas de fatigue particulière.

Passant l’heure de course, tout va bien Madame la Marquise, on court toujours de manière décontractée et on profite pour parfaire le bronzage avec le soleil qui monte de plus en plus. Comme j’avais prévu, je commence à m’alimenter selon le plan établi à partir d’une heure de course. Aussi, je n’ai pas loupé un ravito pour boire de l’eau. Je ne prends que de l’eau, jamais les boissons collantes censées booster le coureur par un surplus de sucre. Le sucre nécessaire est déjà présent dans ma nutrition, donc pas besoin d’en rajouter.

J’avance tranquillement, passant 15e et 20e kilomètres, arrivant à grandes enjambées à la mi-course avec 1min de retard sur mon temps de l’année dernière. Il ne reste plus qu’à rentrer à la maison; on commence à compter les kilomètres à l’envers; le temps doit paraître encore plus rapide, mais c’est le contraire qui se passe généralement.

Je ne sais plus exactement où et quand dans la course, mais un groupe de musique qui assure l’ambiance s’arrête de jouer pour nous annoncer que Kipchoge vient de pulvériser le record du monde. Oui, celui qui est passé là, sur la même ligne bleue que je suis comme le fil d’ariane, peu de temps avant moi. Avant nous. Nous, les coureurs, les spectateurs, nous nous électrisons; l’annonce de l’exploit booste tout le monde, nous sommes tous heureux… Très vite, nous revenons à notre réalité, à ce petit trot qui nous amène tranquillement dans les quartiers berlinois.

img_8547

Peu après le passage du semi, je commence à ressentir les premières douleurs dans les jambes. Cool, je m’y attendais, on continue à courir, il n’y a rien d’autre à faire. 25km, on est toujours bien mais les douleurs s’étendent à mes deux cuisses, ce sont les quadriceps; il reste 17km à parcourir et ça va être dur. Hop, on switch en mode mental pour ignorer au plus la douleur. Je le savais, j’ai peu couru dans la préparation donc il n’y a pas de surprise. Je sais que ce n’est pas une blessure, que tout va bien, il suffit juste de ne pas (trop) écouter les cuisses et de se concentrer sur quelque chose qui fonctionne bien: la respiration, par exemple.

Passage au 27e, comme l’année dernière, Floriane et Timo sont là pour m’encourager; ça met un coup de boost! Je continue d’avancer tranquillement à mon rythme sans me soucier du temps. Les coureurs commencent à craquer et à marcher. J’ai mal, mais je ne suis pas de ceux-là; j’aurais tout le temps de marcher, de m’allonger, une fois la ligne d’arrivée franchie. Le 30e se laisse passer, il me reste environ une heure à tenir. Pfff, une heure, c’est pas grand chose! Hauts les coeurs, on arrive!!

On continue, je ralentis un peu sans le vouloir, mais la fatigue et la douleur se font ressentir de plus en plus et ça devient vraiment critique vers le 35e. Là, il faut aller chercher profond pour ne pas marcher. Les seuls moments de marche seront pour les ravitos, pendant quelques secondes pour reprendre mes esprits.

Je scrute la foule attentivement. Je suis certain que Jérôme va me dépasser; je pense même qu’on a une possibilité de passer la ligne d’arrivée ensemble. Ca serait génial! Mais rien en vue. Je me dis qu’il a du me passer il y a un bon moment, les conditions sont parfaites pour lui.

sportograf-137406250.jpg

Voilà qu’on attaque cette grande et interminable ligne droite entre les 38e et 40e kilomètres. L’année dernière; elle m’avait parue interminable. Cette année, elle m’a parue… interminable. L’expérience n’a pas vraiment servi. C’était un combat contre la fatigue, la douleur et la lassitude d’un paysage sans distraction… Mais je sais qu’une fois arrivé au ravito du 40e, tout sera plus facile.

Je sers les dents pour arriver à ce dernier ravito; je pense que j’ai perdu beaucoup de temps ces trois derniers kilomètres. Peu importe. Je regarde la montre et, en effet, j’ai pas mal ralenti. Mais quoi qu’il en soit, il ne m’en reste plus que 2; regardons devant et avant! Une série de droite-gauche-droite-gauche dans le 41e kilomètre, nous ballade et aide à voir les centaines de mètres défiler; je sers les dents et me voilà dans la dernière ligne droite.

Je vois la porte de Brandenburg en fond et la foule amassée sur la droite. Il est temps de savourer, de lever la tête, encore une fois, et de sourire. Oui, sourire pour fêter la course à pied, pour célébrer les 41km précédents, pour se réjouir du fait que j’ai pu courir ce marathon jusqu’au bout. Je communique avec la foule, je high-five tout ce qui passe à côté et me rapproche de la porte. Je savoure. Plus que 400 mètres à parcourir, on laisse aller les jambes et on profite. Boom! C’est terminé! Déjà? Enfin! Je ne sais plus trop.

sportograf-137426550

Oh boy, les jambes n’en peuvent plus, surtout les quadriceps, je marche lentement vers ma médaille. On me la met autour du coup et je découvre que c’est Kipchoge dessus! Bien joué, l’année où il explose le record!!

Je prends des nouvelles de Michele et Jérôme via le tracking. Michele a l’air de souffrir et est bien en retard sur ces prédictions. Pareil pour Jérôme, il est aussi en retard. Je me demande ce qu’il se passe, je vais les attendre et j’ai hâte de les féliciter! Un marathon reste une grande performance, peu importe le temps. Je me dirige vers le point de rendez-vous, je me nourri, me change et repose les jambes.

Aussi, je me rends compte que j’ai couru 4min plus lentement que l’année dernière. Seulement! Compte tenu de la situation, me voilà super heureux avec cette deuxième meilleure perf’ sur marathon. Et de bon augure pour la suite et le prochain.

Jérôme me rejoins finalement, finissant derrière moi et Michele arrivant dans le même ordre de temps que l’année dernière. Elle est déçue; ça arrive, mais ça ne va pas nous empêcher de fêter ça en avant quelques mètres de saucisses et litres de bière.

org_dsc01623

Le reste de la journée et du séjour est simplement une histoire d’amitié partagée autour du sport, de la culture, de la bonne bouffe et des rires et sourires. On remet ça quand?

I ran Berlin! – again

Advertisements

One thought on “Berlin marathon, an II

Sweat, High Five and share your thoughts:

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s