Chicago Marathon

C’est bien le premier tirage au sort pour une course que je gagne! C’était il y a plus de 6 mois, en avril, quelques jours après le marathon de Paris. Aussi averti, aussitôt débité, c’est donc parti pour mon premier marathon aux US – après deux semis à Boston. Cependant, je n’étais pas sûr de le courir, jusqu’à la limite j’ai failli reporter mon inscription à l’année prochaine. Puis, la conjoncture faisant que je devais voyager aux US juste avant, j’en ai donc profité pour faire un saut à Chicago et transpirer un peu.

Chicago, c’est une des villes mytiques des US. Son marathon, même s’il est jeune (39e édition cette année), fait parti des six meilleurs au monde. Sa pizza est fameuse comme son hot-dog et son vent! Et puis, c’est aussi la ville de Docteur Carter, George Benton et Marc Green (entre autres).

La préparation

Elle a été courte, du fait que j’étais dans la saison triathlon jusqu’en août. Le dernier en date était le triathlon olympique de Londres, mi-août; je n’avais donc que 7 semaines pleines pour me préparer et augmenter les distances de course. Je n’avais plus couru plus de 21K depuis le semi d’Hackney en mai dernier.

Cependant, la prépa a été coupée de plusieurs long weekends perso (adios les sorties longues du samedi!) et aussi de voyages longue distance plus ou moins prévus (pour ne pas dire à la dernière minute). Du coup, cela m’a grandement limité dans ma prépa et dans sa qualité. Les séances longues effectuées se comptent sur les doigts d’une patte de pigeon, les fractionnés sont aussi nombreux que les ailes sur le dos d’une loutre. Tous les voyages me fatiguent également, ce qui n’aide pas. Bref, pas optimal, mais je reste confiant et vais tenter de faire une perf’.

La course

Après avoir retiré le dossard et le swag (et acheté une tonne de gels pour la course et les futures défis à venir), j’ai pu apprécier le fait que le visite de la gigantesque running expo ne soit pas un circuit forcé (même si le retrait du t-shirt est à l’opposé de celui du dossard). Un peu de carbo-loading la veille avec une balade dans la ville, puis soirée à la Rocktober Beer Fest pour pas vraiment être dans les meilleures conditions. Mais, fier, je suis resté à l’eau!

img_6607Réveil à 5h15, le temps de faire la préparation habituelle, entre étirements, foam roller, breakfast et préparation du kit. Départ de la maison à 6h30, au lever du soleil, en direction du millénium park sur le bord du lac Michigan. La ville est calme, je passe devant la marque du semi-marathon puis croise les forces de sécurité en train de mettre les barrières et fermer les routes du centre-ville. La zone des hotels grouille de monde et de runners qui essaient se trouver leur chemin, leur entrée. J’arrive tranquillement, il me reste 30min avant le départ, je me mets dans la file pour les toilettes (enfin, pour l’arbre… oui, on fait même la queue pour pisser contre un arbre 😂!).

J’arrive dans le sas lors de l’hymne national, admire la couleur du ciel changeante entre le orange et le bleu. Il est donc temps de se préparer, lacer les lacets, visser la visière sur la tête (le soleil va taper!) et de refaire une dernière fois la tactique de course dans la tête. Simple: on court un pace de 5:00 jusqu’à la fin ou jusqu’à quand le corps craque. Pan! Le départ est donné, les élites s’élancent, puis les premiers sas. Ça va vite, je pars quelques minutes après.

Les premières foulées ne sont pas de bonnes sensations, les jambes ont l’air d’être un peu lourdes. Mais on suit le mouvement. On attaque le tunnel (que la Garmin apprécie!) puis les 5 premiers kilomètres se font dans downtown. On passe et repasse dans les belles avenues au milieu des buildings. La foule est dense et bruyante, elle nous encourage comme si c’était nos derniers kilomètres; ça donne des frissons!

img_6613Déjà le premier ravito, il y en a tous les 3km environ, et je constate qu’il s’agit de gobelets! Shit! J’avais pas prévu le coup. Au marathon d’Amsterdam, je m’étais emmélé avec les ravitos-gobelet. Il faudra faire avec encore une fois. Première gorgée et l’eau me parait bien froide.

La course nous amène dans le nord de la ville, jusqu’à uptown (tiens, on n’était pas loin, l’autre soir, dans un jazz club), passant les 10km en 50min pile. Le pace est idéal et je me sens bien. J’étais un peu ennuyé su passage le long de l’autoroute, mais on y va! Les ravitos s’enchainent, l’eau est toujours fraîche, et j’apperçois ci et là un ou deux drapeaux français. Il parait qu’on est 344 froggies à courir (contre 596 brits).

On revient dans le centre-ville avec en ligne de mire la Willis Tower, on passe aussi, à son contact, la marque du semi-marathon, franchis exactement dans les temps estimés: 1h45. Mon pace est quasi parfait et je m’y sens bien. On continue sur le même rythme. Mon petit groupe de supporters se trouve quelques centaines de mètres plus loin, je les aperçois facilement, souris, prends de l’énergie et continue sur mon rythme. Je commence à sentir de mauvaises sensations venant des intestins, mais ne m’en inquiète pas trop… ce petit tour entre le 22e et 26e km n’est pas vraiment intéressant, mais je maintiens le rythme.

Après un ravito avec encore un eau très fraîche, je revois mon petit crew; je ne les reverrai qu’à l’arrivée. Voilà que les intestins se révoltent et manifestent! Cela crée une mauvaise sensation de course. Je regarde maintenant pour des toilettes qui doivent être installés un peu partout. Je n’en vois pas jusqu’aux environs du 30e; je m’arrête et pause ma Garmin. Je perds pas mal de temps; puis repars en n’étant pas au mieux… Je comprends que je vais en chier (sic) jusqu’à la fin. D’ailleurs, l’arrêt m’a coupé dans ma dynamique, mais aussi coupé les jambes. Je n’arrive pas à reprendre mon rythme et ma fluidité dans la cadence. C’est malheureux, je commence à comprendre que je finirai en retard sur mes prévisions.

img_6617Je m’accroche. On traverse un quartier mexicain, je vois des koréens taper sur des grands tambours, on arrive ensuite à China Town; en passant sous la belle arche. C’est chouette, le public est massif, comme le son du gong. Il rest encore un peu moins de 10km et mes jambes se durcissent. Mes ITB (bandelettes ilio-tibiales en français dans le texte) deviennent dures comme du béton! Je m’arrête pour les masser et assouplir un peu, puis repars. Je ne diminue pas vraiment de rythme, même si le pace est maintenant plus autour de 5:15 / 5:20. Ça me désole un peu; mais je suis honnête avec moi-même. Ma prépa n’a pas été top, je n’ai pas fait beaucoup de longues distances! Mais je reste en course, je vais tenir et finir; et ce dans un temps pas si mal!

Les kilomètres sont longs, mes intestins sont en vrac et me lancent par spasmes. Le paysage n’est pas génial non plus, le long de l’autoroute, et le soleil tape maintenant assez fort, meme s’il ne fait pas trop chaud. Je perds aussi de la lucidité et donc fais plus de mouvements que nécessaire. Il reste mainenant une grande ligne droite de plus de 3km avant d’envisager l’arrivée. Je m’accroche. Le public redevient plus nombreux et encourage fortement. Personnellement aussi. Ce dude me tape sur l’épaule et me dis “trust this body”. Well, je lui fais confiance, mais aujourd’hui il en chie plus que d’habitude. Ça me mets un coup de boost, tout relatif en terme de vitesse, mais qui me remets dans des pensées positives!

img_6616On approche du virage sur la droite, à environ 700m de l’arrivée. Mais ça monte! Alors, non, ce n’est pas une forte pente du tout, mais à ce moment là, elle se fait sentir comme les dernières sections de l’ascension du Tourmalet. Virage à gauche, on voit la ligne. Ma capacité à sprinter est quasi-nulle, mais je fais l’effort, le dernier et je franchis la ligne! Je suis un peu groggy.

Je finis en 3h40, temps officiel, 3h38 sur la Garmin, ce qui en fait mon second meilleur chrono et ma PB sur la distance (si tu comptes le temps sur la Garmin). 8/10min de plus que le temps espéré. J’ai donc les jambes pour le faire ce chrono, c’est sûr! Mais, avant tout, je suis une nouvelle fois marathonien!

img_6635Je récupère ma médaille, la couverture de survie et essaie de trouver des toilettes… Du coup, je ne savoure pas tant que ça l’arrivée, entre déception du temps et mes intestins. Je retrouve enfin mon équipe au 27e mile pour quelques photos, un retour à la maison, un bon repas et une visite dégustation de la Lagunitas Brewery, avec concert de blues. Parfait! On finit la journée avec une Deep Dish pizza devant le débat (ahem).

img_6636Je découvre sur mon fil Twitter que plusieurs autres français ont aussi eu des soucis digestifs durant la course. Coïncidence? Peut-être, mais le seul truc que l’on a probablement mangé ou bu en commun, c’est l’eau du robinet très fraîche servie sur les ravitos…

Bref, au final, mon temps est plus que correct, et j’en suis heureux, compte tenu toutes les circonstances! Je ne suis pas blessé, j’ai couru dans une ville mythique sous un temps magnifique, supporté part mon épouse et nos amis. Que demander de plus? Une autre bière! 🍺.

I ran Chicago! 

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3 thoughts on “Chicago Marathon

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