Marathon de Paris sous le soleil

Il fallait quand même courir Paris, après un semi-marathon assez mauvais, hors de forme, en 2014. Une petite revanche contre le chrono? Non, l’envie de courir et de passer une bonne journée dans ma ville (même si le parcours ne passe pas rive gauche). Cela faisait déjà presque un an que nous avions acheté notre dossard, le weekend a été prévu et organisé de longue date, le kop de supporters affuté.

IMG_5102Ceci dit, la préparation ne s’est pas passée comme souhaitée: douleur sur l’extérieur du genou durant tout le mois de février, qui ne m’a pas permi de faire de sorties intenses, ni de réelles sorties longues. Quasiment un mois blanc alors que cela devait être le mois le plus dense en terme d’entraînement. J’ai multiplié les séances de natation (en préparation du prochain challenge) qui permettent de travailler le cardio, mais la natation ne permet pas de travailler le meme groupe de muscles, donc ne remplace pas les sorties longues et la préparation des jambes pour les 10 derniers kilomètres du marathon. En mars, deux voyages pro complètent les trous dans le gruyère de mon plan d’entraînement. Bref, je n’ai pas pu suivre mon plan, mais  je peux continuer à courir et le genou (dos, hanche) va mieux. La répétition au semi de North London deux semaines avant s’était très bien passée.

Arrivé le vendredi soir sur Paris, on récupère les dossards samedi matin. Alors que je m’attends à une longue file d’attente, cela va très très vite! Hormis la fouille à l’entrée, aucune attente pour déposer le certificat medical ni pour récupérer le dossard. La traversée du salon peut se faire rapidement, si on n’est pas intéressé par les stands. Pas comme à Rome. Le temps de recontrer notre amie sud-af, la fin de journée se termine par la traditionnelle pasta-party, tellement bonne que je me suis un peu trop gavé.

IMG_5123Réveil aux aurores pour réveiller et nourrir le corps en douceur, on arrive aux Champs en se rendant compte que la météo est bien meilleure que les jours précédents (peu ou pas de nuages température qui monte tranquillement. La veille on s’était pelé les miches!). On est dans la sas de départ une bonne demie-heure avant, ce qui nous laisse le temps de s’échauffer avec les animations, d’écouter la musique des Charriots de Feu pour se motiver et d’entendre le discours d’Anne Hidalgo. On est dans l’ambiance! Le départ des paralympiques et des élites est donné, puis les vagues devant nous. Cela va assez vite, on est dans le sas bleu, donc on part juste après 9h00. On abandonne directement nos rêves de qualification olympique 😉 vu qu’on prend déjà 15min de retard sur la tête de course, avant même d’avoir franchi la ligne de départ.

Notre départ est donné, on commence à courir tranquillement puis dans un rythme un peu plus rapide; on descend les Champs-Elysées en suivant ce mec qu’on avait repéré un peu plus tôt, qui portait une pancarte (il l’a finalement lâchée après 200 mètres – vraiment super utile!). Je crois que c’est le départ le moins compact que j’ai fait, on peut courir sur toute la largeur des Champs donc le départ est finalement rapide. Un peu trop? Arrivée à la Concorde, déjà des photos Maindru (au moins, on a l’air frais!) puis on attaque la rue de Rivoli. Ces premiers kilomètres au soleil nous font comprendre qu’il risque de faire beaucoup plus chaud que prévu et qu’annoncé. Je décide d’enlever mon sous-t-shirt compressor censé me tenir chaud (oui, l’habitude de courir en Angleterre où les marathons sous la pluie froide). En passant St-Paul, les pompiers ont sorti la grande échelle pour nous encourager, c’est chouette, grosse ambiance en ce début de course, amplifiée à l’entrée de la Bastille (on dirait qu’on est presque à l’arrivée, c’est trompeur cette foule entassée au tout début de l’épreuve).

IMG_5133Commence la traversée de l’est de Paris en direction de la Porte Dorée. La montée de Reuilly me semble peu prononcée (cela change de mon souvenir, quand j’avais galéré il y a quelques années pour le semi de Paris). Grace à la merveilleuse application de suivi du Paris marathon (sic), mon premier groupe de supporters ne m’a pas vu (d’après l’appli, je n’étais pas encore parti des Champs). On est sur un bon rythme, un peu plus rapide que prévu, mais on se sent bien, on est porte par l’ambiance; on est même emphorique,  super content d’être là, de pouvoir courir ensemble.

On passe la marque du 9ème Km, qui annonce les 10 kilomètres dans le Bois de Vincennes, où il ne se passe pas grand chose. Une belle vue sur le Chateau dans la descente après avoir longé le zoo, mais rien d’excitant. Heureusement qu’il y a un peu d’animation: une fanfare bavaroise qui me rappelle les bons souvenirs de l’Oktoberfest, une fanfare de cors de chasse et quelques groupes de rock. Ils donnent un peu de rythme à cette traversée du désert, heu non, du Bois. Il commence à faire chaud sur les carcasses, les arbres ne sont pas encore  en feuilles donc on prend le soleil en pleine poire. Vers le ravito, les vannes ont été ouvertes et les pompiers arrosent les coureurs pour nous rafraîchir un peu. Il nous reste quand même plus de 25km, on va avoir besoin de fraicheur.

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Devine a qui sont les bras derriere?

On entre dans Paris avec la descente sur la Bastille par la rue de Charenton. On est tous les deux très bien, même si on se dit qu’il est temps de réduire un peu le rythme (ce qu’on ne fait pas). On s’est fait le lièvre l’un après l’autre pendant toute la première partie de course, ça a bien marché pour maintenir l’allure (pas comme à Amsterdam où on s’était perdu vers le 15k lors du ravito). On franchit la flèche du semi-marathon en 1h44, sur les bases d’un 3h30. Mon premier kop de supporters (celui de la rue Reuilly) était présent, mais je ne les ai pas vu. On décide de réduire légèrement la cadence,  on sent qu’on va pas pouvoir tenir le rythme avec la chaleur. On y est d’ailleurs forcé en arrivant sur Bastille, la rue se resserrant à cause de cet effet “ascension du Mont Ventoux” par le public. Grosse ambiance à Bastille.

On entre sur les quais en se sentant plutôt bien, même si je commence à avoir vraiment chaud. La vue est vraiment sympa, on en profite, mais on arrive très rapidement au fameux tunnel du IMG_5194Louvre. Ambiance zen. Oui, oui, plein d’affiches de relaxation avec une musique zen. Avec l’écho du tunnel, on entend seulement une sorte de bruit de moteur constant, désagréable, qui n’a rien de relaxant. Qui a envie de se relaxer dans un long tunnel qui pue? On veut juste en sortir le plus rapidement possible. Apparemment, l’organisation a du mal à trouver la bonne formule… Qu’ils cherchent encore. Je leur suggère de ne pas nous faire passer dans ce tunnel l’année prochaine! En sortant, une veille surprise de ma Garmin qui n’arrivera plus à me localiser. Mon assistance de course est donc HS: regarde ce tracé, c’est ridicule.

De retour sur les quais et le beau panorama sur la Concorde, l’AN, le Grand Palais, les Invalides puis la Tour Eiffel, mais la visite touristique est perturbée par les tunnels à repetition. De vrais casse-pattes. Je commence à avoir vraiment très chaud, je me sens pas très bien. Je me suis pourtant bien hydraté, mais je sens une grosse chaleur dans la nuque. Ça fait depuis la fin de l’hippodrome de Vincennes que l’on a le soleil dans le cou et ça commence à vraiment me taper. Il fait 21 degrés à l’ombre, donc a priori 25-26 au soleil. Ça me met un coup. Je me sens moins bien et j’essaie de refroidir la machine en me versant de l’eau sur la nuque, mais ça ne passe pas. La fin de course va être longue! Pourtant, les jambes et le cardio sont biens. Jérôme a l’air frais, il n’a pas de coup de chaud comme moi. Je ralentis un peu, il continue sur le même rythme. Je ne le reverrai plus.

31740129Le passage au Trocadero me permet de reprendre beaucoup d’eau et d’apercevoir mes parents venus nous encourager. Puis Michele et Marie était placées juste après le pont Bir-Hakeim (ou pont de Passy pour certains 😉 ) au niveau du 30ème Km, le temps d’un petit bisou et quelques encouragements pour repartir. Jérôme est passé quelques secondes avant moi. En passant un mur en carton (le fameux du 30e), on commence la partie dans le 16e avec une légère ascension pas bien méchante. Un peu d’ombre (enfin!) permet de prendre un peu de fraicheur. On arrive rapidement à Roland-Garros en plein cagnard, ce qui me remet un petit coup dans la nuque et va finir par prendre mon énergie. Pendant ce temps-là, mon GPS me place vers la forêt de Fontainebleau et me fait courir à une allure de 28min/km 😂. Ça n’aide pas pour se remotiver! C’est aussi à ce moment que je me rend compte que j’ai perdu 2 gels énergétiques sur la route. Je vais devoir finir sans mon carburant habituel et essayer de trouver quelque chose dans le stand… le prochain étant au 40e, je venais de passer celui du 35e.

Il reste encore 8km à faire dans le Bois de Boulogne, la deuxième partie casse-moral du parcours (après le Bois de Vincennes). Le long de l’hippodrome de Longchamp, il y a un peu de monde qui nous encourage, mais tous les encouragements sont les bienvenus. Pendant ce temps, j’ai réduit mon allure et ai du marcher un peu; j’ai trop chaud, le ressenti de chaleur qui  pèse sur les épaules. Je ne sais pas où est Jérôme, mais comme il aime bien courir au chaud, je me dis qu’il peut faire un bon temps. Je vais me contenter de limiter la casse.

IMG_5164L’ambiance devient bizarre, très calme dans le bois. L’organisation avait placé 4 fans zones dans le Bois de Boulogne, histoire de casser la monotonie. On les cherche encore ces fans zones. Gros désert dans le Bois. C’est assez dur pour le mental. En plus de cela, je commence à voir des gens qui tombent d’épuisement ou/et de chaleur, les secours interviennent régulièrement. Vu la condition dans laquelle j’étais et le manque de gels, je me dis que je ne dois pas forcer ou prendre le risque de me retrouver à terre. Aucune idée de mon rythme (merci Garmin), mais j’ai l’impression d’être vraiment très lent, sûrement à plus de 6min/km. Finalement, j’étais sur une allure d’environ 5:40, ce qui est décevant, mais compte-tenu de conditions, ce n’est pas si mal. Au ravito du 40e, en essayant de manger mon orange, je tape la discute avec un espagnol qui me dit qu’il fait trop chaud et que c’est pas pareil que chez lui… Bref, il fait chaud, j’ai chaud, mais il n’est plus temps de tergiverser, il reste seulement 2km; il faut finir en force. Les jambes commencent à devenir dures et la cadence moins fluides. C’est dommage, mes jambes étaient finalement bien (normalement, cette sensation arrive pkus tôt dans la course), mais la chaleur a eu raison de mes ambitions chronométriques.

IMG_5148Je reprends un peu en main la situation et me concentre sur l’arrivée, essaie de conserver un peu d’eau pour le dernier kilomètre (finalement, un bouteille de 33cl tous les 5km n’était pas suffisant cette année), je sers les dents et me concentre sur la ligne d’arrivée. Je vois le magnifique (sic) bâtiment de Dauphine, on le longue et entre sur le rond point. Les organisateurs essaient d’attraper les coureurs illégaux (sans dossard) pour éviter qu’ils franchissent la ligne d’arrivée). J’entends hurler (beugler) mon prénom dans le rond-point. Belle surprise par Céline qui est venue me soutenir. Elle y a aussi perdu sa voix :😁. Il n’y a plus qu’à franchir la ligne d’arrivée avec style, bien. Je ne crois pas sprinter, mais je franchis avec un rythme soutenu, bien content d’avoir terminé un nouveau marathon.

Je franchis finalement en 3h44, avec le sourire! Pas nécessairement heureux de mon temps, mais là n’est pas l’essentiel. Je suis super content d’avoir pu courir Paris, d’avoir terminé un nouveau marathon et de ne pas être blessé, d’avoir partagé l’expérience avec Jérôme et la famille. En plus, il fait beau, je vais maintenant pouvoir mieux apprécier le soleil. Jérôme a fini en 3h38, son meilleur temps, il a bien assuré, même s’il a craqué dans le Bois. On retrouve tout le monde à la sortie de l’aire d’arrivée (c’est un peu le bordel, même si c’est plutôt bien organisé) pour faire les fameuses photos d’après course.

IMG_5146À chaque marathon, on apprend sur soi. C’est une distance avec laquelle on ne peut pas tricher. On ne peut pas avoir une ambition de temps sans une préparation complète; dommage que la mienne ait été grandement écourtée. L’important n’est pas dans le temps, mais dans le partage et le challenge du marathon. On a tous la banane à la fin, tous heureux, peu importe le temps; et c’est bien là l’essentiel. J’ai quand même hâte de recourir et de me préparer un peu mieux pour battre mon RP.

J’ai apprécié le parcours et la ballade dans Paris, même si plusieurs aspects m’ont perturbé. Un gros point positif pour les supporters sur la route. C’est simplement dommage que le parcours soit fait de la sorte que les supporters sont majoritairement concentrés sur la première partie et jusqu’au 30ème Km. Mais on reviendra l’année prochaine!

I ran Paris!

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One thought on “Marathon de Paris sous le soleil

  1. Bravo pour le compte rendu et surtout pour la perf. Dis toi que 3h44 pour un marathon c’est déjà Enorme !! Et finalement ton craquage a été tout relatif! Vivement l’année prochaine… sous le soleil!

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