Marathon de Rome (mon premier)

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C’est l’une de ces journées durant laquelle tout se déroule à la perfection, même si plein de petites choses pourraient la faire dérailler. Cela faisait six mois que j’ai cette course en tête, c’était d’ailleurs le seul, l’unique et l’objectif obsessionnel de l’hiver. Epouse, matos, plan d’entrainement, calendrier, tout était dédié au 22 mars, 8h50.

Mes deux objectifs: finir mon premier marathon, et le faire en moins de 4 heures. Mais pour être totalement franc, quand j’ai commencé mon plan d’entrainement en Novembre, je visais plutôt 3h45 (mais sans pression – viser 3h45 pour arriver à être en-dessous des 4 heures).

Pietro and ILe vendredi soir avant la course, Michele et moi sommes arrivés à l’aéroport de Rome et avons retrouvé mon père qui avait spécialement fait le voyage sur le week-end pour m’encourager. Faut dire, j’avais tellement parlé de cet objectif que mes parents ont également été investis par le challenge. Malheureusement, ma mère n’a pas pu nous rejoindre, du fait d’un imprévu de dernière minute. Nous étions logé dans un superbe AirBnB dans le Trastevere , pas trop loin du Colisée et de la zone de départ.

Dès le samedi matin, nous sommes allé au Palazzo del Congressi pour récupérer mon dossard, le sac-à-dos et le t-shirt de la course. A vrai dire, c’était la partie la plus dure du week-end. Nous avons passé un temps infini (en fait, pas si long), juste à slalomer parmi la foule à travers les stands et le trajet imposé pour faire obligatoirement tous les stands du salon. Cela devait faire environ 75km (bon, ok, j’exagère un peu, mais bon, “en Italie, fait comme les italiens…”). Ceci étant, j’ai été récompensé par un selfie avec Pietro, la mascotte du marathon :).

IMG_0822Nous avons passé le reste de la journée à visiter la Rome antique, le Colisée, les forums, le circus Maximus, etc. Nous avons malheureusement du nous contenter d’un attrape-touristes pour le déjeuner, car le restaurant conseillé par une collègue blogueuse vivant à Rome était complet (Hosteria), mais ce n’était pas si grave – on avait seulement besoin de pasta! Aussi, j’ai enfin pu tester ma GoPro que mes anciens collègues m’avaient offert quand je les ai quitté l’année dernière (à regret – le regret pour les amis, pas nécessairement pour le boulot 😉 ). Michele était un peu honteuse au debut quand j’ai sorti la GoPro sur son stick, mais finalement elle à adoré 🙂 (regarde son sourire dans le Colisée!) – Ceci dit, nous avons convenu que le GoPro stick était totalement légitime et n’avait absolument rien à voir avec le selfie-stick des touristes. Nous, on a du vrai matos :)!

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Nous sommes tranquillement rentrés à la maison pour que je puisse me préparer: affaires (short, t-shirt, dossard, épingles, gels, ceinture, bandeau, bonbons à la menthe, etc.), puis nous avons diné assez tôt: des pates, bien sûr! Je n’étais pas stressé, mais plutôt un peu fatigué par tout ce qu’on a fait dans la journée et par la semaine passée, j’avais juste besoin d’un peu de calme, de repos, de me poser dans le canap’ pour analyser une dernière fois le parcours. J’ai d’ailleurs bien dormi, à l’exception de la forte pluie qui m’a réveillée à 4h30 du mat’. Il pleuvait des cordes… et je n’avais pas prévu de vêtements de pluie…

Je me suis reveillé à 6heures du mat’, pour un pti’ dej’ classique d’avant course ou sortie longue (yaourt, céréales, banane, tartine) et beaucoup d’eau. Je suis parti vers 7h45 après quelques étirements, me dirigeant vers le depot des sacs en longeant le Tibre et le Circus Maximus. Finalement, je suis arrivé en avance, sous la pluie, j’ai donc tué le temps en regardant les autres coureurs dans les dernières minutes de leur preparation, jusqu’à ce que je me decide à me préparer également, shorts et t-shirt (pas de poncho ou casquette pour me protéger de la pluie – les vrais n’en ont pas besoin 😉 ). Pour me réchauffer, j’ai couru quelques centaines de mètres jusqu’à la zone de départ puis je me suis mis au milieu pour profiter de la chaleur humaine. Les 20 dernières minutes sont finalement passées super vite, j’ai tapé la discute avec quelques français râleurs qui se plaignaient de l’organisation à l’italienne, notamment la veille au Palazzo del Congressi. 10mn avant le départ, j’avale quelques fruits secs.

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Avec Michele et mon père, nous avons convenu qu’ils se posteront au 14e kilometre (au pont Garibaldi) puis au 37e km (piazza Navona) et enfin près du Colisée à la sortie de la zone d’arrivée.

J’avais prévu de courir à une allure entre 5:20 et 5:30 mn/km pour franchir la ligne d’arrivée dans un temps compris entre 3h45 et 3h52.

J’étais très calme et serein, prêt à courir, concentré sur ma course, me rappelant tout le travail fourni durant les mois précédents et pensant à Michele et mon père qui sont venus m’encourager (en réalité, ils étaient bien au chaud en train de profiter de cafés bien chauds et de bonnes patisseries…) et encouragé à distance par ma mère et mes amis. C’était mon jour: j’étais prêt, plein d’émotions: joie, curiosité et determination.

Je n’ai pas entendu le départ pour les élites, pile à l’heure à 8h50, mais l’attente a été très courte. J’ai franchi la ligne départ seulement 6mn après les élites. Super sensation de franchir ma première ligne de départ d’un marathon avec le Colisée dans le dos, la Machine à Ecrire sur la gauche et entourés par les forums. Plus de 2500 ans d’Histoire nous contemplent – j’avais ce que j’étais venu chercher!

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Les deux premiers kilometres étaient très lents, un peloton très dense avec les Italiens qui parlaient – braillaient – fort (étonnant, non?). J’ai donc gentiment suivi le rythme du peloton à une allure de 6:10, profitant de la pluie, du paysage et de l’ambiance. Les 10k suivants nous ont amené dans la partie sud de la ville, qui n’est pas la plus belle (à part quelques ponts avec une intéressante architecture moderne), je me suis donc concentré sur mon souffle et mon corps. Entre les kilometres 2 et 8, j’ai couru environ à une allure de 5:30. Je me suis senti très à l’aise, j’ai fait un rapide état des lieux: jambes ok, poumons et système respiratoire: ok, ventre: au top, tête: parfait; ils étaient tous prêts à tout donner. J’étais en-dessous du rythme décide, si je continuais à ce rythme, je n’aurais pas atteint mon objectif. J’ai donc décidé de rattraper mon retard en accélérant un peu à une allure de 5:10 sur les 15-20 prochains kilometres, puis de faire un nouveau bilan à ce moment (au alentours du fameux mur – j’y reviendrai).

C’est à ce moment que nous rentrons de nouveau dans le centre ville, seulement quelques kilometres avant d’apercevoir Michele et mon père. La foule était dense et faisait beaucoup de bruit. Alors qu’on passait le long du Teatro di Marcello, le public formait une sorte d’entonnoir, réduisant la largeur de la route… un peu comme dans une étape de montagne du Tour de France (je me sentais comme Marco Pantani au Mont Ventoux en 2000…). Mon père portait son manteau rouge pétant, impossible de le manquer. Pourtant, je ne les ai pas vu à l’endroit convenu, seulement 1 kilometre plus loin, trempés sous un mini parapluie qui ne devait pas bien les couvrir… C’était top de les voir, je commençais à râler dans ma tête qu’ils aient réussi à me louper, un high-five et c’est reparti!

IMG_0833Entre le 14e et le 20km, le parcours est magnifique. On a couru le long de la rivière et de tous les monuments et de la splendide architecture romaine. Ces kilometres sont passés très très vite. Seuls quelques touristes nous ont fait chier en traversant la route sans faire attention aux coureurs et sans s’excuser. Ils se sont pris une volée de noms d’oiseaux en plusieurs langues, totalement mérité! On traverse ensuite le Tibre en passant derrière l’immense building de la Cour de Cassation, puis à droite pour se retrouver en face de la Basilique Saint-Pierre, aux alentours du 18e kilomètre. Impressionnant, massive, historique.

D’ailleurs, cette photo que j’ai prise en courant me rappelle qu’il pleuvait encore beaucoup et les pavés étaient très glissants. Trois kilometres plus tard, on franchit déjà le semi-marathon, moment de faire un nouveau bilan de mon corps. Je n’était pas fatigué, je me sentais très bien, heureux et prêt pour me battre sur les 15 prochains kilometres en dehors du centre-ville, vers la partie nord, sans beaucoup de choses à voir.

RomaJ’ai couru le premier semi-marathon en 1h54, soit 2/3 minutes de plus que j’avais prévu pour atteindre les 3h45, mais j’étais dans les bons temps pour mes autres objectifs. Je continue donc de courir sur une allure de 5:05 / 5:10. On court encore le long de la rivière, on passe le stade olympique and on contourne le Parco di Villa Giori. Aux alentours du 29e km, dans une montée assez facile, j’ai commencé à voir les premiers coureurs qui frappaient le mur. Je me souviens de ce mec en jaune que je suivais à distance depuis plusieurs kilometres qui a ralenti brutalement et que j’ai passé en quelques secondes, comme s’il était à l’arrêt total. Impressionnant ce gros craquage! Mentalement, j’étais près à subir ce meme traitement, je l’attendais et avais mon plan pour le contrer. Mon collègue ultra-marathonien m’avait dit de sourire entre les kilometres 28 et 32, que ça allait aider m’aider (pas certain que je souriais tout le long du marathon, mais, dans la tête, c’était la grande joie 🙂 ).

Je passe le 30e km en 2h40 et je me rend compte qu’il était possible de finir en-dessous de 3h45 si je ne ralentissais pas. Soyons honnête, le passage entre le semi et le 34e km, était le plus long avec peu de choses à voir. Je m’étais préparé pour cela, j’avais juste à me concentrer sur ma course en m’amusant des points “éponges” tous les 5kms (en intervalle avec les ravitos – tous les 5km également),  qui sont fournis alors qu’il pleut… Après le 27e km, ils ont commencé à distribuer des éponges sèches…

IMG_0984Après le 35e km, on est de retour dans le centre ville avec les spectateurs qui redeviennent nombreux et bruyants. L’organisation avait fait une erreur sur mon dossard en me donnant un drapeau anglais au lieu de français, donc tous les supporters anglais m’encourageaient “Come on Brits!” :). A ce moment, il me tardait d’arriver à la Piazza Navona pour voir Michele et mon père, pour ne pas me concentrer sur mes jambes qui commençaient à être fatiguées mais continuaient à assurer un max! Je les ai vu rapidement au milieu de la place, ce qui m’a revigoré et m’a donné le smile et l’énergie nécessaire pour continuer jusqu’à la ligne d’arrivée. Je continuais à mon allure de 5:05 / 5:10 en me surprenant moi-même de pouvoir maintenir le rythme.

FlipFlop runnerPlus que 5km au coeur de la ville. La partie la plus facile pour certains, la plus dure pour d’autres. Moi, j’ai juste couru en profitant de la vue sur l’architecture et la splendeur romaine, tout en vérifiant mes pas pour ne pas me tordre la cheville sur un pavé mal placé. La foule était très dense et bruyante dans les rues étroites, encourageant tous les coureurs. Sur la Piazza del Popolo, je dépasse ce mec courant en tongs (si, si! regarde la photo). Plus que 2 kilometres, déjà 40 kilometres, j’avais jamais atteint cette distance en courant! Je passe le 40e en 3h32, il me reste donc exactement un peu moins de 13 minutes pour être sous les 3h45. Pas d’autres choix que de continuer sur mon rythme, de ne rien lâcher, de terminer fort: finish strong!

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Une longue ligne droite nous mène de la Piazza del Popolo jusqu’à la fin du tunnel du Palais, en passant la Pizza di Spagna. Beaucoup de coureurs allaient maintenant très lentement ou marchaient, peinaient à terminer la course, mais continuaient héroïquement! Moi, j’avais la chance d’être en forme, donc ce n’était pas le moment de ralentir ou de me plaindre de la fatigue, ni de douter (trop tard pour tout cela!). Je m’étais promis de finir fort, après tout les efforts fait à l’entrainement et pour honorer l’histoire de Rome. Je slalomais donc entre les autres futurs marathoniens, en ayant le sentiment d’accélérer, mais j’étais toujours dans la même allure, juste au-dessus de 5mn/km. Cette longue rue était un peu en pente montante, pas de beaucoup mais suffisant pour rajouter un peu de difficulté. A la sortie du tunnel du Palais Quirinal, je savais que j’étais *presque* arrivé, je me donc un coup d’accélération, je dépasse pas mal de monde, regarde devant, respirant profondément. Un, deux, trois virages and puis j’aperçois le Palazzo Venezia. A sa gauche et à quelques centaines de metres, la ligne d’arrivée. Joie, fierté, excitation! J’y suis presque!: traverser ma premiere ligne d’arrivée de mon premier marathon, avec le Colisée  en fond et quelques gardes romains d’époque (en tous cas, les costumes 🙂 ). C’est l’heure de fêter cela, poings levés, bras levés, je ne sais plus exactement ce que j’ai fait, mais j’étais super heureux!

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C’est fini, moment de joie, de rires, de fierté et de celebration! Je l’ai fait et ça s’est passé mieux que planifié!

Temps final: 3h 43mn 34s! 

Finalement, j’ai fait un negative split: j’ai couru le second semi-marathon 5 minutes plus rapidement que le premier. 

Ma montre Garmin me dit:  3h43mn39s, 42.68Km, 5:14mn/km pace. Mon dernier kilometre est le plus rapide! Tous les objectifs sont atteints! Victoire!

On me passe la médaille autour du coup et on me depose sur les épaules une couverture de survie. Je tape la discute avec quelques coureurs au hasard, ils étaient épuisés et ont trouvé la course très difficile. J’ai trouvé la course superbe, géniale, extraordinaire. Mes jambes continuaient a me porter, j’ai récupérer mon sac, je me suis changé pour des vêtements secs et ai retrouvé Michele et mon père.

first debriefingNous avions tous un grand sourire, porte toute la journée. Ils ont réussi a me voir franchir la ligne d’arrivée, top! De retour a l’apart pour une bonne douche chaude, quelques étirements et un bon repas! Et je pouvais manger autre chose que des pates: bière et pizza :). Mes jambes ont mis deux jours a récupérer, avec beaucoup de marche dans Rome, la tete dans les nuage, marchant main dans la main, en amoureux, avec Michele. Fier de mon succès, je commence à trouver les arguments pour convaincre Michele de courir son premier marathon et moi de planifier le suivant (ca sera Amsterdam, en octobre).

I ran Rome !

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2 thoughts on “Marathon de Rome (mon premier)

  1. Wow 3h43! Félicitations! Pour le resto l’Hosteria ce sera pour ton prochain passage à Rome 😉 D’ici là j’aurais probablement découvert de nouveaux spots pour un déjeuner entre deux visites!

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